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la psychomotricité


 
La psychomotricité est une approche globale de la personne où le corps et l'esprit sont considérés comme solidaires et unis. Cette discipline regroupe l'apport de nombreuses sciences comme la biologie, la physiologie, la psychologie, la psychanalyse, la sociologie, l'éducation...
Ces liens se sont créés au fur et à mesure du développement psychomoteur au cours duquel l'enfant élabore sa personnalité, dans un dialogue perpétuel entre sa maturation neurologique et ses différentes expériences relationnelles et motrices.
En psychomotricité, le corps n'est pas abordé sous l'angle fonctionnel comme en kinésithérapie, mais dans sa globalité : corps - esprit. Comme lieu de ressenti et d'expression entre le monde interne - mes pensées, mes émotions, mes sensations - et le monde externe - ce que je ressens, ce que j'exprime par mes cinq sens.
Le projet de soin en psychomotricité s'emploie à réduire l'écart entre le « vouloir faire » et le « pouvoir faire » de la personne, en lui permettant de mettre en valeur ses capacités « à faire et à être » sans jugement, ni statistique de performance.
Le psychomotricien est reconnu en tant qu'auxiliaire médical, et ses compétences sont fixées par un décret d'actes depuis 1974. 
En tant que salarié, le psychomotricien travaille dans des structures spécialisées,  ITEP, SESSAD, IME, CSMI, PMI, centres pour déficients auditifs et visuels, hôpitaux de jour... ainsi que dans les structures hospitalières publiques ou privées ( service de néonatologie, CAMPS, gériatrie, psychiatrie, réadaptation, addictologie, oncologie, soins palliatifs...), et les EHPAD, établissements pour personnes âgées dépendantes, PASA, SSR, accueil de jour spécialisé, unité Alzheimer. 
 

LA PSYCHOMOTRICITE... AU RISQUE DE LA PSYCHANALYSE

la psychanalyse

Après mai 1968, la neurologie se sépare de la psychiatrie.
Les jeunes psychiatres en formation s’intéressent aux maladies mentales, la répercussion corporelle des troubles psychiatriques devient pour eux une préoccupation secondaire puisque la neurologie revient au corps, et la psychiatrie à l’esprit.

C’est ainsi qu'en psychomotricité, deux courants naissent, les partisans des pratiques rééducatives d’une part, et d’autre part les partisans d’une prise en compte du désir du patient dans une pratique qu’ils veulent thérapeutique.

En ce qui concerne la relaxation, tout est simple, ou bien on a une expérience psychanalytique et on fait de la relaxation psychanalytique, ou bien on ne l’a pas et on fait une relaxation psychomotrice.
On peut heureusement conjuguer les deux à la demande du patient, le corps n’étant pas muet, à travers lui s’exprime tout ce qui ne se dit pas par la parole.

INFLUENCE DE LA PSYCHANALYSE SUR LA THERAPIE PSYCHOMOTRICE

 

Après « mai 1968 », les psychomotriciens, avec leurs techniques corporelles sont mis du coté de l’esprit. C’est ainsi qu’ils n’ont pas d’autre choix que d’aller « voir » du coté de l’esprit ce qui s’y passe.
Le contexte théorique de l’époque est le suivant : la pédopsychiatrie est neuve. Les psychiatres et les psychologues se forment dans leur majorité à la psychanalyse. La psychanalyse des enfants commence à se répandre. Et par ailleurs, les grands courants d’idées tels que la linguistique, l’anthropologie, le structuralisme prennent un essor considérable.
Lacan relit Freud en allemand, et relève dans les traductions des erreurs monumentales. Grand érudit, il s’intéresse aux travaux philosophiques de son temps, lecture de Hegel, introduite par Kojeve à la Sorbonne, et discussions avec Levi-Strauss et Foucault, et le linguiste Martinet.
Lacan désire faire progresser la théorie psychanalytique à partir du point ou Freud l’a laissée, et ce sont, en particulier les apports de la linguistique structurale qui l’influenceront le plus.
Il crée de nouveaux concepts tels que le sujet de l’inconscient, les registres de l’imaginaire, du symbolique et du réel, le nœud borroméen, le grand Autre, etc...
Comme Freud en son temps, il désire que la psychanalyse soit un concept scientifique et accepté comme tel par les Sciences. Il y passera sa vie.
Fils turbulent de la psychanalyse, Lacan entraîne dans son sillage un nombre de plus en plus grand de pédopsychiatres, de psychologues, et quelques psychomotriciens interpellés eux aussi par ce grand courant de pensée.
La prise en compte de la notion du " désir " de l’enfant, conduit les psychomotriciens à s’intéresser à la théorie psychanalytique. De l’interrogation de la relation intersubjective on passe à la question du transfert. 
Si nous savons désormais que le corps est pris dans le réseau signifiant de la langue, en psychomotricité, il est invité à se taire. Or, les psychomotriciens ont bien repéré que le corps n’est pas muet, et que la personne, enfant ou adulte, exprime avec son corps ce qu’elle ne peut dire par la parole.
En ce qui concerne la technique de jeu avec l’enfant, c’est sur la primauté de l’expression que se construit désormais la nouvelle psychomotricité.
Cette technique, élaborée par F. Desobeau sera reprise ensuite par F. Giromini puis A. Lauras et F. Joly entre autres.
Lapierre et Aucouturier, dans les années 1975, influencés par la théorie psychanalytique, démontrent que si la structuration temporo-spatiale est nécessaire aux apprentissages, elle ne peut s’apprendre de façon rationnelle. Le psychomotricien doit favoriser l’expression du corps vécu de l’enfant en lui laissant la liberté de ses actes ; il est à l’écoute de l’enfant. Si l’enfant échoue, ce n’est plus par défaut d’apprentissage mais par défaut de faculté créatrice.
C’est cette faculté créatrice que désormais la psychomotricité doit apporter à l’enfant.
Nous retrouvons ici en filigrane les apports théoriques du dernier ouvrage de Merleau-Ponty : L’œil et l’Esprit (1964), où il nous dit que « toute technique est technique du corps, elle figure et amplifie la structure métaphysique de notre chair ».
Ceci revient à dire que, en psychomotricité, le dire est contenu dans le faire : en retrouvant sa dynamique expressive, l’enfant met à jour, traduit ses fantasmes.
On retrouve ici l’expérience de la catharsis et ses effets bénéfiques décrits de façon prise, jadis, par Aristote.
Le vécu corporel de l’enfant se conjoint à une histoire mise en scène où la vérité se donne masquée. C’est ainsi que nous pouvons dire que l’enjeu théorique de la psychomotricité est la vérité du sujet de la même façon qu’en psychanalyse.
La différence réside dans la technique, car il y plusieurs façons de travailler la question de la vérité du sujet, comme il y a différents moyens d’accès pour pénétrer dans une ville.

En psychomotricité, la voie d’accès est l’imaginaire, en psychanalyse, la voie d’accès est le symbolique.
C’est exact à condition que l’enfant soit « dans le langage », mais s’il ne l’est pas ?
C’est l’énigme posée par la psychose qui conduit les psychomotriciens à s’interroger sur les techniques à utiliser dans ce cas précis, et sur quel support théorique elles doivent se construire.
Ici, la théorie psychanalytique et la théorie phénoménologique croisent la pratique psychomotrice.
En ce qui concerne la théorie psychanalytique se rapportant au corps, ce sont les concepts d’identification, d’image du corps, et de « moi-peau » qui seront travaillés.
En ce qui concerne la théorie phénoménologique, ce sont les concepts de vécu corporel, dialogue tonico-émotionnel, expressivité du corps par l’intermédiaire du toucher thérapeutique, du regard, de la voix etc... qui seront travaillés ainsi que le rapport à autrui.
Le courant de recherche actuel des neuro-sciences, constitue maintenant une troisième voie d’accès. 
La psychomotricité est marquée dans sa chair du sceau de la pluralité dont elle est constituée, il n’y a donc pas d’unité conceptuelle de la psychomotricité.
Son identité se construit au regard des trois concepts du corps issus de la pensée du 20ème siècle :
- La psychanalyse - La phénoménologie - Les neuro-sciences.

Située au lieu d’articulation de l’imaginaire, du symbolique et du réel, la psychomotricité a pour fonction l’émergence du désir humain.