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PREVENIR LES TROUBLES COGNITIFS DU GRAND AGE...

Nous avons tendance à associer le vieillissement avec des problèmes de santé mentale et des déficits de performance cognitive. Il y a pourtant beaucoup de variabilité en ce domaine, s’expliquant par une combinaison de facteurs génétiques et d’habitudes de vie.
Les troubles cognitifs légers qui affectent la mémoire, le langage, l’orientation, la planification et le raisonnement, sont le résultat d’un vieillissement normal et ne progressent pas vers la démence. Aucune conséquence n’en résulte, à part le stress causé à la personne.
Cependant, si vous éprouvez le besoin d'être rassuré(e), n'hésitez pas à me contacter pour passer les tests cognitifs ( agréables et ludiques ) destinés au dépistage de la Maladie d’Alzheimer.
Le cas échéant, ils permettent une prise en charge efficace sur les symptômes réversibles quand ces derniers sont pris à temps.
www.alzheimer.ca
 

LA MEMOIRE

psychologie et psychomotricité chez la personne âgée...

 les dix signes précurseurs de la maladie d’Alzheimer

 
Pertes de mémoire
 
Problèmes de langage
 
Désorientation dans l'espace et dans le temps
 
Jugement affaibli - 
Objets égarés
 

 Difficultés face aux notions abstraites
 
Changements d'humeur ou de comportement
 
Changements de personnalité
 
Manque d'enthousiasme
En dehors de mon temps libéral, j'interviens régulièrement en qualité de psychomotricienne auprès de personnes âgées souffrant de la maladie d'Alzheimer, résidant en Ehpad - Etablissement d’Hébergement pour Personnes Agées Dépendantes - dédié à l’accueil des personnes de plus de 60 ans en situation de perte d’autonomie physique et/ou psychique, et qui ne peuvent pas/plus être maintenues à domicile.

Près de la moitié des résidents accueillis présentent une pathologie de type Alzheimer ou apparentée, avec des troubles modérés du comportement - repli sur soi - altération des fonctions - déambulation - désinhibition - comportement d'opposition - parfois des cris et de l'agressivité.
La création d'un PASA de 14 places, avec une file active d'au moins 21 résidents permet d'améliorer la qualité de vie, et la prise en soin des résidents mobiles, se déplaçant seuls ou en fauteuil roulant, présentant une pathologie Alzheimer ou apparentée, associée à des troubles psycho-comportementaux modérés, et n'ayant pas de syndrome confusionnel 
 
Le PASA 
Cahier des charges définissant les pôles d’Activités et de Soins Adaptés 
Mesure 16 du plan Alzheimer. Direction  générale de l’action sociale
Le PASA est un lieu d’accueil proposé chaque semaine, du lundi au vendredi inclus, aux résidents de l’EHPAD présentant des troubles modérés du comportement.
Le personnel est composé obligatoirement d’un Psychomotricien et d’Assistants de Soins en Gérontologie, ainsi que d’un Psychologue pour les résidents et les aidants de l’équipe.
Le PASA vise à améliorer la prise en soins et les conditions de vie des résidents par un accompagnement personnalisé, dans le respect de leurs rythmes et habitudes.
Il propose un accueil séquentiel personnalisé de 9h45 à 16h45, en fonction de leurs choix et besoins.
Il propose des activités thérapeutiques adaptées afin de prévenir, accompagner, et limiter les troubles du comportement.
Il soutient les aidants familiaux, et favorise leur implication au quotidien auprès des résidents
Il tend à limiter la prescription de psychotropes ( anxiolytiques, hypnotiques, neuroleptiques, antidépresseurs ) afin de réduire la iatrogénie (  troubles, ou maladies provoquées par un acte médical, ou des médicaments, même en l'absence d'erreur du médecin ) entraînant chutes, confusion mentale, hospitalisations.
Au PASA, les activités concourent au maintien ou la réhabilitation des capacités fonctionnelles et cognitives restantes, à la mobilisation des fonctions sensorielles, et à la pérennité du lien social.
Le programme d’activités est élaboré par le psychomotricien, en lien avec le médecin coordinateur, et le psychologue.
La synthèse et la transmission des informations concernant le résident sont mentionnées en lien sur ordinateur, et dans des écrits spécifiques.
Chaque personne concernée doit pouvoir bénéficier, de un à plusieurs jours par semaine, des activités et soins adaptés du PASA.
Le fonctionnement du PASA nécessite la constitution de groupes homogènes de résidents, selon la nature de leurs troubles comportementaux.

 LA PSYCHOMOTRICITE DANS LES MANIFESTATIONS DU VIEILLISSEMENT 
 Malgré la grande hétérogénéité des performances psychomotrices des personnes âgées, il semble possible de déterminer les grands axes de modifications naturelles dues au temps qui passe.
 Les manifestations physiques du vieillissement
L’image du corps fait référence aux perceptions et aux sentiments qu’éprouve une personne face à l’image de son corps. L’estime de soi, le narcissisme sont étroitement liés à cette image que nous avons de nous-même.
Quand on évoque le vieillissement physique, on pense en premier lieu aux manifestations corporelles visibles. On observe avec l’avancée en âge une perte graduelle des cheveux et un blanchiment de la chevelure. La peau se ride et sa texture se modifie, elle est plus mince et élastique et des taches brunes apparaissent.
Il y a aussi une modification de la posture, le corps s’affaisse peu à peu, le centre de gravité se délocalise et la verticalité devient moins tonique.
François DAGONET, philosophe français, définit trois dimensions du corps qui, selon lui, seraient confondues pour une personne en bonne santé.
La première, « le corps en soi », est biologique.
La seconde, « le corps pour soi », correspond au corps perçu et sous-tend notre identité personnelle.
La dernière, « le corps pour les autres », correspond à notre identité sociale.
D’après Raymonde FEILLET, docteur en sciences de l’éducation, au cours du vieillissement « la prise de conscience des transformations du corps modifie le poids de chaque dimension et nécessite que se reconstruise un autre équilibre identitaire ».
Avec l’apparition des signes physiques du vieillissement, le corps biologique prendrait de plus en plus de poids au détriment du corps perçu.
 « L’image du corps », concept défini par Françoise DOLTO, serait alors mise à mal chez la personne âgée.
Pour préserver un équilibre et réduire ses tensions, la personne âgée doit mettre des stratégies en place. Pour l’aider à garder confiance en elle, la psychomotricité travaillera notamment sur la représentation que la personne âgée a d’elle-même.

Les répercussions du vieillissement sur les systèmes sensoriels
C'est grâce à nos 5 sens que nous sommes en relation avec notre environnement. Ils nous permettent de communiquer, d'être informés et d'agir sur le monde qui nous entoure.
D’une manière générale, les déficits sensoriels sont dus à la fragilisation des organes sensoriels, et à la dégradation de la transmission de l’information aux voies centrales.
Le toucher
A l’abord de la vieillesse, on note une perte de la sensibilité cutanée et une diminution de la perception aux vibrations.
La qualité et la quantité d’informations reçues dans l’espace de manipulation du sujet âgé se modifient. Les stimulis n’étant pas perçus assez rapidement, il y a un risque de blessures et de brûlures accru.     
La sensibilité au niveau des pieds est altérée. Cela entraîne une « mauvaise perception des reliefs et de la consistance du sol, l’équilibre en est donc affecté.
 La vue
Avec le temps, il y a une diminution de la sensibilité à la perception des couleurs. La sensibilité à l’éblouissement est plus grande et les temps d’adaptation aux changements de luminosité plus longs. Le cristallin s’opacifie ce qui entraîne une diminution de la précision visuelle et du spectre lumineux (fausses couleurs) et aussi une moins bonne perception des contrastes. La profondeur du champ visuel perd en souplesse et l’acuité visuelle est moins performante. L’activité oculomotrice est également plus lente. La personne âgée perçoit donc moins bien les obstacles et les risques de se cogner ou de tomber sont augmentés. Les afférences visuelles sont essentielles pour l'organisation de la posture et la vision périphérique déterminante pour la fonction d'équilibration.
 L’ouïe
Il y a avec l’avancée en âge une plus grande sensibilité aux bruits de l'environnement. Les fréquences aiguës sont moins bien perçues, entraînant une mauvaise compréhension du discours.
La personne âgée présente aussi une stéréoacousie (une difficulté à localiser un bruit dans l’espace). L’audition permet de percevoir ce qui ne peut être perçu par la vue. La diminution de l'audition entraîne donc une perte des repères surtout au niveau de l'espace arrière. Cela peut engendrer un sentiment d'insécurité.
Le retentissement psychologique d’une perte de l’audition est conséquent. Une personne âgée ayant un déficit auditif aura souvent tendance à se retirer
progressivement de sa famille et de ses activités sociales et à se replier sur elle-même.
La surdité prédispose bien souvent à l’isolement.
L’odorat et le goût
Il y a une réduction de la sensibilité aux odeurs et une diminution de la sensibilité gustative autour de 60 ans au niveau du seuil de perception et de discrimination.
Cette sensibilité est à l'origine du sens de la position relative des segments du corps, de l'appréciation de leurs déplacements, de la régulation du tonus musculaire, de la statique et de l'équilibre

Les répercussions du vieillissement sur la motricité globale
Le psychomotricien Christian BALLOUARD, définit le schéma corporel comme un " référentiel postural auquel sont rapportées les perceptions, garant de l’efficacité des intentions motrices et qui ne cesse d’être réactualisé à chaque fois que l’on bouge, grâce aux afférences proprioceptives, vestibulaires et visuelles."
Avec l’avancée en âge, la raréfaction du nombre de récepteurs, ligamentaires, capsulaires, neuro tendineux de golgi et des fuseaux musculaires, entraîne une diminution de la quantité et de la qualité des messages envoyés au cerveau. Il y a de plus un ralentissement de la vitesse de transmission des informations. La discrimination proprioceptive manque alors de pertinence. Le schéma corporel va donc en être affecté.
Cela associé au vieillissement de l'appareil locomoteur peut expliquer les fréquents problèmes de chutes chez les personnes âgées.
 Le schéma corporel
Le schéma corporel est l’intuition d’ensemble, ou connaissance immédiate, que nous avons de notre corps, à l’état statique ou en mouvement, dans le rapport de ses différentes parties entre elles, et son rapport avec l’espace environnant et les personnes.
Il y a toujours un appauvrissement du schéma corporel en conséquence de l'immobilité.
L’appareil locomoteur
La motricité globale s’appuie sur l’appareil locomoteur qui désigne l’ensemble des organes permettant à l’homme de se déplacer, et de maintenir une posture en absence de mouvement.
Il se compose du système musculaire, du squelette osseux et cartilagineux et des éléments qui y sont rattachés (ligaments, tendons ).
La diminution de la densité des fibres musculaires entraîne une baisse de la force musculaire. La contraction et le relâchement sont donc plus lents. Cette fonte musculaire joue aussi un rôle dans l’altération des processus digestifs et dans les problèmes d’incontinence.
Au niveau du squelette et du cartilage, il y a une calcification entraînant des raideurs. Le système articulaire, comme toutes les autres fonctions, s’auto-entretient et la conservation d'une fonction dépend de son utilisation. C’est donc l’utilisation insuffisante des amplitudes articulaires possibles de certains mouvements qui les rendent non fonctionnels.
S’il y a une déformation de la colonne vertébrale, le corps perd plus ou moins son axe corporel.
Lors de déplacements, la personne aura alors tendance à déplacer son centre de gravité en dehors de la surface d’appui de pied. Cet élargissement du polygone de sustentation peut entraîner un certain déséquilibre.
À travers des exercices mettant en jeu le contrôle tonique, un travail en psychomotricité permettra d’aider à maintenir une bonne posture et stabiliser ainsi les déviations de la colonne vertébrale. L’intervention psychomotrice aide à entretenir la mobilité des articulations par des exercices de motricité globale dynamiques.
Malgré la diminution de la force musculaire et l’altération ostéo-articulaire, l’homme a la capacité de se tenir debout et de marcher jusqu’à la fin de sa vie. Les possibilités de déplacements sont cependant plus limitées avec l’avancée en âge, il y a une réduction de moitié de la vitesse de la marche. Les pas se font glissants voir traînants sur la surface du sol. Cela augmente le risque de chute par accrochage du pied.
Il y a également une diminution de la durée de la phase d’appuie uni-podal, occasionnant des piétinements.
Tout cela entraînant une augmentation du coût énergétique lors de déplacements.
La personne âgée réduit souvent ses activités. De ce fait, il y a une réduction de son espace personnel et l'espace commun est moins investi.
L’équilibre
L’équilibre désigne l’ensemble des phénomènes destinés à lutter contre l’apesanteur, aussi bien dans la position debout qu’assise. Ces phénomènes sont de nature réflexes
et presque imperceptibles à la conscience.
L’équilibre résulte d’une intégration complexe de plusieurs systèmes sensoriels, mais aussi moteurs. Si l’un des récepteurs sensoriels fait défaut, il devient difficile pour une personne âgée de maintenir son équilibre dans des situations imprévues. Par conséquent, plus elle vieillit, plus le sentiment de manque de stabilité, de vertige, et d’insécurité augmente lors des déplacements.
Les personnes vieillissantes réagissent souvent aux pertes d'équilibre en raidissant leurs muscles au lieu de se servir de leur flexibilité.
De plus, elles ont tendance à adopter une position de déséquilibre postérieure, même observable également en position assise, qui témoigne de leur crainte importante du vide, et donc de la chute.
Les facteurs psychologiques
Les difficultés psychologiques et les divers sentiments affectifs influent grandement sur la posture.
Un travail de réassurance sera souvent au cœur de la pratique psychomotrice.

Les répercussions cognitives du vieillissement
 Il n’existe pas d’âge à compter duquel les capacités cognitives diminuent. On constate seulement le déclin de la vitesse du traitement de l’information avec le vieillissement. ·
Mémoire 
La mémoire des faits anciens n’est généralement pas affectée par le vieillissement, mais la mémoire des faits récents peut l’être. Il y a une diminution des capacités de mémorisation à court terme. Celles-ci sont surtout nécessaires à l’association et l’interprétation des messages sensoriels. Cela entraîne une diminution de la vitesse des réactions d’association. Il y a donc un ralentissement des fonctions comme la planification, le jugement, la prise de décision et la capacité à résoudre un problème…
Selon la gérontopsychiatre Nathalie SHAMLIAN, « ce qu’on voit dans le vieillissement normal ce n’est pas tant les pertes de mémoire, qu’une plus grande difficulté à retrouver l’information. »
En effet, l’information n’a pas disparue, elle est  juste plus difficilement accessible.
Attention
La capacité d’attention sélective s’amenuise avec l’avancée en âge, en raison d’une moins bonne discrimination sensorielle.
La concentration pour accomplir deux tâches simultanément devient plus difficile.
Ces troubles se développent souvent consécutivement au peu d'intérêt que la personne âgée porte à elle-même et à son quotidien. Elle oublie parfois de vivre l'instant présent, occupée à la mise en ordre de ses souvenirs.
Fonctions exécutives
Les fonctions exécutives sont les habilités permettant l’adaptation à des situations nouvelles, « non-routinières ». Elles regroupent notamment les capacités liées à l'anticipation, la planification, l'organisation, la résolution de problèmes, la pensée abstraite, l'initiative…
Les fonctions exécutives sont principalement sous le contrôle des lobes frontaux du cerveau. Le cerveau est capable de modifier ses réseaux de neurones en fonction des expériences vécues par l’organisme. Il y a de ce fait une augmentation des connexions synaptiques tout au long de la vie. Cette capacité de remaniement perpétuel de l'appareil psychique est appelé plasticité cérébrale.
Une personne, même âgée, est donc toujours capable d'apprentissages, et présente de réelles facultés d'adaptation et de compensation.
C’est parce qu’il y a cette plasticité cérébrale que l’éducation et la rééducation psychomotrice sont possible en gériatrie

Les répercutions psycho-affectives du vieillissement
Les personnes âgées se perçoivent comme étant sans âge.
Chez les plus sensibles au normatif et au regard social, cette identité sans âge se trouve confrontée au problème du corps qui, lui, est affecté visiblement par le processus du vieillissement.
D’après Régine DETAMBEL « ce décalage entre le sentiment de jeunesse intérieurement perçu et un corps visiblement vieillissant serait à l’origine d’une cassure de l’être ».
Cela rejoint la pensée du compositeur français Charles GOUNOD, selon qui « le dramatique de la vieillesse, ce n'est pas qu'on se fait vieux, c'est qu'on reste jeune ».
En effet, nous pouvons être vieux, nous voir vieux, mais ne jamais nous sentir vieux.
D’après Jacques MESSY, si chez le jeune enfant le stade du miroir permet une première intégration psychique et ouvre sur une apparente unité, selon LACAN, chez le sujet âgé, au contraire il met à mal cette unification. Il parle alors de « miroir brisé » qui fait que « lorsque l’idéal choit, la hideur se dévoile »
Il oppose alors au moi idéal un moi « hideur », traumatisme enclenchant un processus mortifère.
La psychanalyste Charlotte HERFRAY en parle, elle, comme du « Stade du miroir inversé ».
On observe souvent avec l’avancée en âge, un refoulement des problématiques antérieures et une focalisation sur le vieillissement. Sans doute la première difficulté tient-elle  au fait que ces signes du vieillissement sont visibles par les autres.
Chacun cherche dans le regard de l’autre la confirmation de sa valeur esthétique. Des enjeux narcissiques sont alors mobilisés, et au regard des critères de beauté le corps vieillissant est moins séduisant.
Cependant n’oublions pas que cette relation à son corps a pu être décevante bien avant la vieillesse ! « L’inconscient ignorant le temps, le désir ne vieillit pas. »
En effet, l’inconscient, la partie la plus profonde en nous, l’inconnu qui nous gouverne, n’a pas d’âge.
Cela rejoint une fois de plus la pensée de Charles GOUNOD qui déclara un jour :
« Ce qui vieillit en nous, c'est le logement. Le locataire ne vieillit pas. »
Nous travaillons toute notre vie à reprendre, retisser, rejouer, tout notre passé. Ce passé est propre à chacun. C’est pourquoi selon Jacques MESSY, il est cliniquement impossible de parler de « la personne âgée » en général. Chaque manière de vieillir étant très personnelle
 La fin de vie
Nous nous faisons souvent des illusions sur la capacité des personnes âgées à intégrer la mort comme si elle était normale à leur âge. La mort quel que soit l’âge est toujours prématurée.
Les expériences de pertes, disparitions d'objets investis, augmentent avec l’âge, les renoncements s'accumulent. De ce fait, selon Boris CYRULNIQUE, la vieillesse met en jeu des processus de résilience. D’après lui, « le sujet âgé ne peut plus tout faire et y renonce, cependant, il sait plus que jamais qui il est, ce qu'il aime et ce dont il est capable. »
En résumé
Le processus de vieillissement suit différents rythmes pour un même sujet, selon qu’il s’agisse du corps physique, de ses objets, du social.
Chez la personne âgée, la conscience corporelle, et la capacité d'écoute à soi-même en relation avec l'environnement restent généralement immédiate, fine et permanente.
Le corps de la personne âgée, comme tout corps, est un corps en changement.
Sa spécificité est que cette transformation est surtout connotée sur le registre de la perte, parce que toutes les structures sont touchées par le vieillissement.
Quand les différents canaux de la sensorialité et de la perception sont affectés, c’est  aussi la relation aux autres et au monde qui est touchée.
Ce qui dans le meilleur des cas était muet devient bruyant, les articulations, les muscles.
Ces évolutions supposent une adaptation, une modification du comportement moteur  avec trouble de la marche, trouble de l’équilibre, trouble spatio-temporel, anxiété, peur de la chute, désinvestissement corporel… qui sont autant de difficultés liées à l’avancée en âge, et du ressort de la pratique psychomotrice.
CONSIDERATIONS PSYCHOLOGIQUES SUR LE GRAND AGE
D’un enfant de 3 ans qui parle à un copain imaginaire, on ne dit pas qu’il a des hallucinations. Il fait fonctionner son imagination et copie ses parents en imitant des attitudes verbales. On dit que c’est un comportement normal pour son âge.
On accepte également que certains comportements aberrants de l’adolescence soient liés à l’étape transitoire du passage de l’enfance à l’âge adulte.
Pourquoi ne pas donner à la personne âgée, la même compréhension avertie et sereine dans l’originalité de son cheminement psychologique et neurologique vers sa propre fin de vie ?
Pour comprendre le comportement des personnes âgées, on est immanquablement amenés à tenir compte de leurs modifications physiques, psychiques, sociales, et psychologiques. A ce titre, ne devrait-on pas considérer un vieillard comme ayant lui aussi un comportement normal quand il réactualise des événements, des personnes de son passé, ou quand à travers un autre résident, ou un soignant, il croit réellement voir quelqu’un d’autre faisait partie de son passé ?
Le comportement du très grand âge n’est pas seulement lié aux modifications anatomiques dans le cerveau, il reflète également l’ensemble des changements physiques, sociaux et psychologiques qui ont existé au cours de la vie entière.
On ne peut obliger une personne âgée à changer de comportement. Les comportements ne peuvent changer que si la personne le peut, et/ou le veut.
Quand la mémoire des faits est défaillante, les adultes âgés essaient de rééquilibrer leur vécu en se retirant dans leurs souvenirs anciens. Si la vue faiblit, ils utilisent les yeux de l’esprit, s’ils n’entendent plus correctement, ils ravivent et écoutent les bruits de leur passé.
Certaines personnes abordant « la grande vieillesse » portent en elles le poids des jugements humains extérieurs, et le regret intense des choses inaccomplies dans leur vie. Avec un passif douloureux non résolu, elles portent un lourd fardeau d’émotions et luttent dans leur grand âge pour les mener à bien.
Inconsciemment elles réactualisent les événements, et/ou se servent des gens qui les entourent en les substituant aux souvenirs et aux personnes de leur passé pour se décharger sur eux de leur sentiments douloureux.
Cet ensemble, ou ces détails, faits de regrets, d’insatisfactions, de désespoirs qu’elles avaient cachés, maîtrisés, font brutalement irruption au soir de leur vie.
Ex : ce qu’elles n’ont pas osé dire, ou faire, ou encore ce qu’elle ont dit ou fait qui n’a pas été compris, ou d’une façon négative ou dramatique par l’entourage.
Ex : Garder en soi depuis quelques heures, ou il y a 2 ans, ou 40 ans, une humiliation, ou une incompréhension douloureuse sans avoir pu s’expliquer, se justifier, ou encore ne pas avoir eu de reconnaissance de la part de ceux pour qui on a sacrifié ses propres désirs, ne pas avoir reçu de pardon pour une faute que l’on a commise et que l’on regrette amèrement…
Tout cela peut entraîner chez la personne âgée de graves dommages psychologiques.
Les sentiments douloureux diminuent s’ils sont exprimés, reconnus et validés par une personne de confiance qui sait écouter. L’empathie crée la confiance, réduit l’anxiété, et restaure la dignité.
Ignorés ou niés, ces mêmes sentiments augmentent et aggravent le déséquilibre psychique.
Ces vieillards font leurs bagages pour le voyage final, ils déballent leur linge sale conservé dans le magasin de leur existence. Ils luttent pour réparer, assumer, ou finaliser les tâches restées en suspend. Très affairés ils s’activent pour empaqueter les bouts perdus de leur passé.
Il ne s’agit pas là d’un retour conscient ou volontaire vers leur vie antérieure, mais la résultante d’un profond besoin humain : celui de mourir en paix.
 
 

  
Séances de réhabilitation chez les patients souffrant de la maladie d'Alzheimer, ou de maladie apparentée à un stade léger
 Intitulé de la prescription du médecin :
Faire pratiquer (12 à 15) séances de réhabilitation pour troubles cognitifs ou troubles de mémoire ou maladie d’Alzheimer ou maladie apparentée* par une équipe spécialisée Alzheimer de SSIAD

Présentation :
La mesure 6 du plan Alzheimer 2008-2012 renforce l’offre de services de soins de réhabilitation et d’accompagnement à domicile pour les personnes présentant une maladie d’Alzheimer ou une maladie apparentée* au stade léger ou modéré. Ces interventions à domicile sont rendues possibles par la création d’équipes spécialisées composées de professionnels formés à la réadaptation, à la stimulation et à l’accompagnement des malades et de leur entourage dès le début de la maladie. Il s’agit d’un psychomotricien ou d’un ergothérapeute et d’assistants de soins en gérontologie (aide soignants et/ou aides médico-psychologiques ayant suivi une formation complémentaire spécifique de 140 heures) constituant une équipe spécialisée au sein d’un service de soins infirmiers à domicile  (SSIAD). Ces interventions sont réalisées en complément des autres interventions nécessaires. * Haute Autorité de Santé - Recommandations professionnelles - "Diagnostic et prise en charge de la maladie d’Alzheimer et des maladies apparentées" - mars 2008
 
Indications : 
  • Patient ayant une maladie d’Alzheimer ou apparentée
  • A un stade précoce de la maladie (idéalement
MMSE >18, éventuellement MMS >15)
  • Ayant un début de répercussion sur sa vie quotidienne : par exemple, troubles de la mémoire que le patient n’arrive plus à gérer, appauvrissement de la vie sociale, environnement à adapter, modification du comportement.
  • Acceptant le principe de séances de réhabilitation à son domicile
Absence d’indication :
 
  • Patient sans répercussion de la maladie sur sa vie quotidienne
  • Stade évolué de la maladie, absence de communication possible, entrainement des capacités restantes impossible
  • Patient dont l'entourage compense les difficultés du patient dans les activités de la vie quotidienne et n’exprime pas de demande
  • Patient qui refuse toute intervention à domicile
 
Déroulement de l’intervention :
Dans la maladie d’Alzheimer, la réhabilitation n’a pas pour but la restauration des capacités perdues, mais l’utilisation des capacités restantes ou ignorées pour  améliorer l’autonomie dans  les activités de la vie courante. Elle vise, dans le respect de la volonté du malade, à mobiliser ces capacités, à adapter l’environnement, à préserver une vie sociale et relationnelle et à transférer à l’aidant des compétences adaptées à la situation.
Prescription du médecin généraliste, spécialiste ou de la consultation mémoire dans le respect du secret médical

 Nombre de séances, renouvellement:
  • Sans efficacité après quelques séances se pose la question de la pertinence de l’objectif retenu, ou des activités proposées. Au-delà de 12 séances, l’intérêt  n’a pas été démontré pour atteindre l’objectif - Les séances peuvent être renouvelées une fois par an si le malade continue de présenter les critères d’indications ci-dessus
 Modalités de prise en charge :
  • Les 12 à 15 séances de réhabilitation sont financées intégralement par l’Assurance maladie dans le cadre dans le cadre d’un forfait annuel attribué au SSIAD
  • Le patient peut être en ALD 15 ou hors ALD