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ART et DIRES...

Quand nous créons, nous sublimons... 

 
Créations artistiques et sexualité sont deux parcours de la même force de vie.
La sublimation trouve son origine dans une sexualité profondément retravaillée. En désexualisant le but de la pulsion sexuelle elle permet à l’individu de vivre en société et de s’orienter vers des activités moralement valorisées. Véritablement métamorphose du désir charnel la sublimation transfigure l’instinct sexuel premier en plaisir intellectuel fleurissant dans nos créations.
« Ainsi peuvent surgir des lieux où souffle l’esprit ».
                                                                                              Maurice Barrès 
 
- «  ( … ) quand nous serons allés jusqu’au bout de l’art, de l’art pour l’art, je crois qu’il n’y aura plus qu’un point minuscule devant l’initié, et puis plus rien. Paradoxe suprême, plus rien, mais un rien magnifié qui ne pourra jamais être rien, puisque rien n’existe pas. Alors, après le néant du tableau de l’art suprême où le rien sera encensé, reviendront les gais rossignols et les merles moqueurs… s’ils ne se sont pas faits bouffés bien sûr ».
                                     
                                                                                               Adam Nadir
                                                           
" Qui voudrait, en un chant, vivre éternellement
   Devrait d'abord périr dans la vie... "
                                                                    Schiller

                                          " Ama, anz'ardi, ché chi muore non ha da gire al ciel nel mondo altr'ale. " 
                                          " Aime, brûle, car quiconque meurt n'aura point d'autres ailes pour monter au ciel. "
                                                                   
                                                                                                                                                                   Michel-ange      
 

OLIVIER LENOIR

Photographe
grand marcheur à la fraîche, montagnes et déserts...
Orient ou occident
 
grand marcheur dans sa tête
Poète - Ecrivain - Designer
 

ARTHUR THEVENART

reconnu comme l’un des plus grands photographes orientalistes contemporains
Egypte, Soudan, Maroc, Oman, Turquie, Iran, Syrie, Inde…
Ethnologie - Paysages - Architectures
 
ARTHUR THEVENART
Paysages et architectures en France
tags - performances - meeting aérien La Ferté - Alais

Portrait de l'artiste...

MALOU

Un mot passant...
hommage au petit chaperon rouge. 
2012
 
Elle a toujours le rire au bord des yeux, fragile paravent qu’un rien bouleverse, écho de celui qu’au centre de la pièce elle fait tenir par des cordelettes rouges, quand tout ce qu’elle y accroche, baies ou coquillages en filets suspendus, semble aérien, ne tenir à rien.
Pour MALOU, regarder et transmettre reste conforme à l’ordre du désir, de l’amour et de la fraternité, c’est instaurer entre soi et l’autre une totale visibilité. L’illustration en est ainsi réversible qu’elle peint sur des photos, du mobilier, elle en redéfinit à sa guise, ou à la commande, la vision, l’agrémente et l’affiche. Inspirée elle imagine la chose en la regardant, la repense, la recrée, la réinvente par l’image.
Et l’image qu’elle enchante ( photo ou mobilier ) appelle au surgissement du réel, participe au lever du sens, là où notre propre imaginaire s’ouvre et se l’accapare.
Mais pour Malou, la libération ne s’arrête pas là, elle n’a de valeur que si elle est contagieuse, elle fait couler le sang ! S’ouvre alors la conscience jusqu’alors captive de ses forces sauvages, brutales. Principe de génération, le sang véhicule ses passions, liquide vital par excellence dont la circulation échappe au contrôle de la conscience.. elle le fait couler ou se lover, stagner entre ses doigts de la main qui enserre, glisser sur celle qui s’abandonne, s’énoncer en larmes au triptyque de la petite fille, ainsi que sur celui du Rhinocéros de Dürer ( graveur Ernesto Bonanto )  elle y a même trempé son soulier blanc de jeune mariée.
Rituel obscur ou écho de la castration psychique, dans ses œuvres Malou nous somme sans ambages d’assumer ou d’occulter le sacrifice exigé.
Tableaux en découpes, encadrements zébrés flanqués de mosaïques, poules chamarrées et coqs endimanchés, ragondine gourmande qui d’attente en a mordu sa maîtresse, légumes du jardin pour chacun son insecte rivé, photos en noir et blan épargnées du rouge un moment, galets du midi où chacun le voit à sa porte, tendre pas de deux pour deux vieux sur fond de chapeau et casquette.. voilà MALOU quand elle aime. Voilà Malou quand elle photographie ou peint, colle, découpe ou ajuste, quand elle crée. Elle voit et donne à voir, elle aime voir ainsi, à perte de vue, voir peut-être.. à s’en perdre la vue.
Car si ce petit chaperon rouge peint, surligne, ponctue, colle et assemble matières, meubles et tableaux, si la voix est vive et l’œil pétillant.. le sourire d’enfant tremble sous le rire désarmant. Et quand elle affirme derrière son paravent n’avoir pas rêvé longtemps du grand méchant loup, à l’entendre s’émouvoir, l’écouter se parler, la regarder vivre et se découvrir, il semble bien pourtant, qu’elle l’ai reconnu et repoussé souvent..

Nicole Dubreuil

NICOLE DUBREUIL

Ecrivain
Sculpteur
 
 
 
ŒUVRES ARTISTIQUES
 
1976
Etude et technique du modelage de la terre chamotée
Elève du sculpteur Louis Pichon. Nice
 
2002 à ce jour
ŒUVRES contemporaines
Modelage - sculpture
Expositions diverses Nice - Bordeaux - Bourgogne du sud...
 
 
PUBLICATIONS LITTERAIRES
 
Le chant du dément
Nouvelles brèves d’une psychanalyse 
2009
Editions Persée. Paris.
 
Le Manifeste 
( extrait )

- « Moi, Nadir Adam subrogé fou, propriétaire de la bouffée délirante réactionnelle décompensatoire majoritaire sur personnalité borderline C.I.M.9/298-80/29540/ DSM 3 révisé, chambre 32 du Pavillon 4 de St Martin, je témoigne céans de mon plus viscéral mépris pour tous les psychiatres sévissant à ce jour en institutions, cabinets ou milieux ouverts ! Que ces meurtriers de l'âme soient hommes ou femmes, religieux ou athées, à obédience D.S.M.4, I0, 12, 14, 15 ou pas, je leur vomis à la gueule, me déculotte sur leur passage, je leur pisse à la raie et leur chie dans les godasses, c'est peu je le sais, mais ça les ferait jouir si je me tuais, alors je les encule tous !
L'autre jour, je marchais dans le parc de l'hôpital et brusquement je n’ai plus eu aucune force dans mes jambes, quelque chose comme un vide unique occupait mon esprit, anéantissait mes énergies, d'un coup tout avait perdu sa couleur, rien ne justifiait que je vive, tout était devenu subitement vide, dénaturé. Mon corps était littéralement entravé, et mon esprit atterré par la plate manifestation de l'inutilité de la vie et des choses. Une fois dans ma cellule, j’ai interprété cette expérience comme un phénomène étranger à mon état conscient, un ratage de neurones me laissant entrevoir la décantation d'un passage à vide dans mon pauvre cerveau humain, l'outrage sidérant, ou sidéral, d'une bâche subitement levée sur la machinerie grossière de la création terrestre, ou bien le paradoxe scopique de ma recherche identitaire où mon espoir est aussi profond que mon désespoir ! Alors m’est venue l'image de lessiveuses s’entrechoquant, et ces heurts de lessiveuses qui vous résonnent aux tripes jusqu'à l'occlusion, m'ont circonvolutionné vers ces encéphalopathes du pouvoir, ces psychiatres décervelés du cœur qui ont fait vœu d'aliénation sur leurs patients, et posent leurs fesses soi-disant pensives sur des fauteuils en cuir, parce qu'à force de péter d'orgueil et de suffisance il n'y a que le cuir qui tienne le choc. Les lessiveuses, c'est le corps qu'ils ont avec soudé sur l'estomac un bureau protecteur plein de dossiers et d'ordonnances contre l'espoir contagieux de la rencontre ! La lessiveuse par excellence, c'est le corpus-satanicus du psychiatre orthodoxisé à mort. Regardez-le, la plupart du temps il ferme les yeux en parlant, tout juste si parler convient à la parcimonie du souffle qu'il vous accorde pour vous honorer de son caca-boudin. Et si par hasard ses yeux sont ouverts, ils se posent sur vous vides et ronds comme ceux d'une poule couvant son œuf clair. Tout pénétré de lui-même il n'a rien d'humain, pas de cœur, pas de viscères, pas de couilles ! Entre sa bouche et son cul un simple tube où le vent l'enfile des deux côtés. Qu'allez-vous chercher le frisson dans un film d'horreur, regardez cet homme qui marche dans la rue, c'est un psychiatre ! Il part à sa boucherie quotidienne, comme le bourreau il est toujours très propre sur lui, l'âme ça n'éclabousse pas sous la torture, ça se saigne petit à petit.
Une fois par semaine, le mardi en général, protégé derrière son bureau, le lessiveur-psychiatre entouré de sa cour, les lessiveuses-acolytes-homogènes, dirige un groupe de parole entre saignés-saignants. Ce rituel d'excision hebdomadaire sur le moi-conscient du patient-lessivable entretient un refoulement des plus heureux. Il va sans dire, que si traînait chez un lessiveur-psychiatre-tueur le plus infime sentiment humain dans le cloaque de sa constipation affective, le patient-lessivable pourrait l'interpréter sur le mode délirant et faire un essai de dialogue, force alors serait de l'instruire à nouveau sur la reconstruction des ghettos et du mur de Berlin !
Vénérables-lessiveurs-psychiatres, et vous lessiveuses-acolytes homogènes, ici se passe le procès journalier du désir, en telle urgence un jugement n'est plus à donner mais à reconduire. Ce patient-lessivable qui présente ses torchons et serviettes sales à votre Puanteur ne doit pas se relever de vos mauvais soins. Si par la plus terrible des malchances il avait jusqu'à ce jour échappé au sanies-broyeur de votre inquisition, prescrivez-lui diligemment une médication pour aphoner sa vigilance ! Et si malgré tout, une quelconque velléité de rébellion se manifestait encore chez ce délateur, déclarez-le fou et passez-le au Traitement, qu'il ne fiche pas la pagaille dans le service.
Notre société dévoyée présente un prodrome de gourmandises en crémation, ses arrière-boutiques regorgent de clandestins psycho-meurtriers s'activant à éponger la liberté d'expression de leurs semblables sous des buvards parfumés aux neuroleptiques ! Chaque groupuscule ne peut opérer s'il n'est réquisitionné par la Toute-puissante-autarcie-psychiatrique, grand vivier de psychiatres-fascistes-lessiveurs, intronisant dans la gorge du patient-lessivable n’importe quel maître ou bizut écarteleur-de-l'âme, pourvu qu’il sache magnifier l'art de s’y branler et d’y jouir sa cruauté mentale !
Heil Hitler !
N.B. Etes-vous des leurs ? »
 
à paraître...
 
Tout cru dans la bouche de la vie
Roman / témoignage
 2016

- « Je me couchais par terre, je me débattais, et pendant que du sol de la cuisine jusqu’en haut de l’escalier, et du haut de l’escalier jusqu’au lit des supplices il me tirait par le bras comme un pantin, je criais, je pleurais, j’appelais ma mère pour qu’elle vienne. Mais elle était avec ses élèves, chacun a son droit au savoir ".

Il en est des mots de l’homme comme des spasmes, un jour, la poitrine oppressée sous la vieillesse du chagrin on parle. Mots redits, dédits, repris, surpris. Mots enfin compris, moribonds. On parle de toute sorte de façons, dans un café, une gare, sur un banc, un divan. Les yeux ouverts ou fermés, tout à l’emmuré de ses appels, on parle...

 
Mena
Nouvelles
 2016

" A midi, je suis montée avec Nico sur le toit des cabinets, on s’est cachés dans les glycines au milieu des bourdons qui se fâchent dès qu’on bouge et il m’a montré ses fleurs du mal. Il dit qu’il faut pas mettre ça dans toutes les mains mais que lui il est pur. Moi je préfère la vraie poésie, quand c'est lui qui me regarde sans sourire avec des yeux si forts que je tremble. Parce que les fleurs de Baudelaire c’est des mots qu'on lit et qui sont morts, mais les yeux de Nico ils en finissent pas d’être vivants puisque je suis sur la terre et que c’est moi qu’il regarde.
J’ai dis à Nico que des fois il est si beau que ça me fait penser à ma petite balle en mousse marron, celle que je mordais quand j'étais petite parce que ça fait trop mal la beauté. Je lui ai dit que des fois j'avais envie de lui faire mal, de le faire souffrir, de le voir crier, de le faire mourir pour plus que jamais il bouge.
Il a dit :
- Moi quand c’est comme ça, je lis de la poésie.
- Tu lis la poésie pour expliquer la beauté ?
- Non, il n’y a pas de mots pour expliquer la beauté, c’est pour cela qu’elle fait mal.
- Et l'amour, c’est comme la beauté ?
- Parfois c’est en même temps.
- Et il y a des mots pour l’amour ?
Il a souri :
- Oui, il y a beaucoup de mots pour l'amour.
- Et il y a un moment où l'amour ça fait moins mal que la beauté ?
- Oui, quand on le fait...
 


Les seins de Basilia
Chronique d’une perversion institutionnelle
2016

- «  ( … ) L’entretien terminé, la psychiatre se lève et lance à Basilia :
- De toute façon, les seins ce n’est pas la féminité !
Toute affairée à ses affaires, Basilia répond d’un ton allègre :
- Allez, au revoir Monsieur !

( cherchez l’erreur... )
 
 
 
 
 

HARTLIB REX

Hartlib, mon ami, peintre et témoin...

1936 / 2009



 
On part, sans nul doute on part. Pour comprendre que tous nos départs ne sont finalement qu’une arrivée, et que l’important n’est pas tant de voyager, mais d’habiter ses rêves.
 
Hartilb est né à Hambourg en 1936. Son père, sculpteur sur pierre, de par son grand âge et son activité professionnelle réduite l’a très vite initié à musarder de façon créative en contemplant ce qui se passait autour de lui, à s’interroger sur lui-même et le comportement des gens, à se poser des questions d’esthétisme.
 
En 1942 le petit garçon vit la terreur des lourds bombardements sur Hambourg. Avec ses parents et sa sœur aînée devenue pianiste il erre dans les rues incendiées, parmi les ruines et les corps mutilés, à la recherche d’un abri sûr. En l’occurrence un clocher d’église interdit au public.
L’odeur de la mort lui a été longtemps familière. Vers la forêt bavaroise, lieu où la famille a ensuite été évacuée des corps de soldats traîtres ou résistants gisent dans les prés où s’amusent les enfants.
 
Son père qui mourut en 1944 tenait des propos anti-régime mettant souvent en danger le poste d’institutrice de la maman , et le revenu familial.
De cette enfance placée sous la peur, la fuite, la suspicion, l’angoisse, la persécution, la folie meurtrière du joug nazi, Hartlib n’aura cesse de s’en défaire, de lutter farouchement contre la bête hideuse des ténèbres, en la dénonçant, l’emprisonnant, en la diluant dans ses couleurs, dans un art violent du survivre qui très vite dévoilera son extrême sensibilité, et ses rages désespérées de ne pouvoir éradiquer le racisme, la bêtise, la cruauté humaine.
 
De son adolescence passée à Hambourg, Hartlib dira que les circonstances ne lui ont pas permis de connaître l’insouciance de la jeunesse. Il sentait également planer sur lui la maladie de sa mère lui imposant l’obligation morale de bien travailler à l’école.  Il fut donc un élève appliqué, par nécessité.
Ce manque d’indépendance le poursuivit pendant ses études aux académies d’art, à Karlsruhe et à Londres. Il s’agissait toujours et encore de passer des examens en vue d’une profession convenable.
Mais qu’un jour à son sens, la justice soit bafouée, qu’un être soit humilié, brimé, et toutes ses bonnes dispositions lui faisaient faux bond, l’entraînant dans des manifestations ou propos fort peu appréciées par l’entourage !
 
De même, lorsqu’un amour d’adolescent l’emportait sur la bienséance, il ne se pliait qu’aux seules exigences que son sens moral acceptait.
 
En 1966 il fonde une galerie à Hambourg tout en continuant à peindre.
Cette galerie deviendra la légendaire « Gallerie fûr Zeitgenössische Kunst » qui servit de tremplin et permis à certains de ses artistes-exposants d’embrasser une carrière de professeur d’académie, clé de l’indépendance financière.
Hartlib y exposa de préférence des œuvres de sculpteurs, la sculpture étant sa passion, d’où plus tard la création du Jardin de Sculptures à Marcigny.
 
Nous sommes avant mai 68.
Les œuvres de cette dernière période sont très tourmentées, caractérisées par un état d’esprit que l’on pourrait comparer à celui d’un supplicié.
La crédulité de l’enfance s’est totalement dissipée, avec épouvante et acuité, il voit.
L’intelligence est vive, saine et critique, désespéré il sait.
Hartlib souffre profondément, violemment, sans espoir humain de réparation, de consolation. De toutes les fibres de son âme et de son être, il témoigne.
Et cela se traduit aussi bien dans ses portraits de musiciens de jazz, que ses paysages, et mises en scène diverses.
 
Sonia et Hartlib vont faire connaissance dans les années 70. Sonia est suissesse, Hartlib s’installe alors près de la frontière suisse.
 
C’est l’époque de la politisation à la suite de l’élan de 68. Il participe à un bon nombre d’expositions de groupe sur des sujets d’actualité : engagement contre les essais nucléaires et l’Etat policier, pour les droits des femme, et l’écologie.
 
Sonia et Hartlib se marient en 1978, tout en gardant chacun leur domicile personnel, par prudence : - « On ne sait jamais si cela ira bien loin ! »
 
Hartlib commence à s’intégrer à la vie littéraire en Suisse. Ses essais et réflexions sont publiées dans les revues spécialisées. Il est membre du Pen Club International, ainsi que du Groupe d’Auteurs suisses, à Olten.
 
Dès 1980, avec la présence de Sonia et leurs séjours répétés en Irlande, sa peinture va graduellement se libérer des oppressions antérieures, et entrer dans sa seconde Période. Elle s’apaise, puis devient plus sereine.
 
Sa troisième grande série de peintures commence dans les années 90. Les portraits-œuvrés, les couleurs et la composition, éclatent et prennent leur envol.
Dans ses portraits-œuvrés - si l’on voulait traduire/expliquer, ce serait au plus près comme : portraits des personnes et leurs mondes imaginaires - Hartlib atteint alors sa maturité d’expression. A chaque fois que se délivrent ses couleurs, le déliement de l’obscur fait également jour en lui.
 
Quelques œuvres de cette époque seront exposées en 2006, puis des paysages d’Irlande en 2008 - il y a à peine 3 mois - au Petit Louvre de la Pacaudière.
En 2002, il y a 7 ans, Hartlib vient à Marcigny avec Sonia pour réaliser un grand rêve : Mettre en vue sa propre conception de l’Art dans ses diverses formes essentiellement figuratives.
Selon le grand artiste allemand Joseph Beuys, cela aussi est une œuvre, une « sculpture sociale » : Créer un lieu où il peut mettre l’Art contemporain à la portée de tous, donner aux habitants en milieu rural la possibilité de voir, de discuter, de comprendre, pour enfin pouvoir apprécier l’art contemporain.
Dans ce domaine, Hartlib Rex a été un pionner autant qu’un missionnaire. Il a agi en « médiateur culturel » avant même que ce terme soit créé. 
 
Mais la maladie se fait incisive.
Auprès de Sonia avec il a noué un lien tout empreint de respect et d’accordailles mutuelles, ce soir pour nous si douloureux du 6 janvier 2009, Hartlib rejoint le vide entre les étoiles.
Mais n’est-ce pas ce vide qui tient les vivants en lieu d’amour ?
 
Ce qu’il y a de plus étonnant dans la vie d’Hartlib, c’est que son âme créative ne l’a jamais quitté. Car en dépit des circonstances défavorables qu’il plonge dans sa propre peinture, visite une exposition incontournable, une touchante expression de dessins d’enfants, ou qu’il travers simplement son jardin, sa réflexion esthétique se reconstitue à chaque fois, témoignant sans cesse et toujours de la beauté et du meilleur de ce qui existe.
 
Durant sa chère présence parmi nous, il se sera toujours approché au plus juste, au plus vrai de ses propres intuitions, émotions et perceptions, avec cette même candeur qu’il aura su garder pour toutes les expressions artistiques d’autrui, sans égard à la norme ou a l’acceptabilité, toujours à la recherche de l’authenticité, de l’étincelle qui donne la vie. 
 
Toute création est une disposition de l’âme pour l’être humain qu’elle choisit, ainsi dans sa peinture Hartlib n’a-t-il rien fait de sa souffrance que d’accepter de la laisser être et advenir à travers sa propre lumière, ses propres ressentis.
Maintenant, l’air nous semble trop léger, il y manque une âme.
 
 
Nicole Dubreuil
 
 

LOUIS PICHON

Hommage au poète, au sculpteur

A l'avocat aussi, sensible et bienveillant, et à l'homme, à son humour, et à son coeur simple et aimant...
dans le second millénaire naquit à Nice d’une mère pianiste concertiste et d’un père éditeur de musique le petit Louis Pichon, enfant doux et réfléchi, d’une extrême sensibilité, ennemi de la bêtise et des faux-semblants, tolérant, toujours enclin à vouloir comprendre et pardonner. Il se fit très vite une opinion sur  la vie et les choses, d’abord il y avait Dieu et la merveilleuse nature, puis d’un côté les faibles et les animaux à défendre, de l’autre le reste des gens cruels et sans beauté  dont il fallait se préserver.
 Cadet d’une grande sœur Colette admirative et dévouée, il noua avec elle une longue affection toute empreinte de respect et d’accordailles mutuelles. Tantôt l’un soutenant l’une, tantôt l’une encourageant l’un, elle le laissa se protéger à travers elle jusqu’au dernier regard qu’il lui offrit un soir douloureux de novembre.
Homme d’une grande générosité à la fois timide et chaleureux, la nuit il partait en vélo dans les rues de Nice donner à manger au sans abri ou les réconforter. Il aimait également beaucoup les animaux, disait qu’abandonner un animal était un acte éminemment raciste et barbare, que le coupable avait perdu ses repères humains, qu’il ne fallait jamais traiter avec une personne qui se méprisait trop pour respecter la vie.
Louis aimait les femmes, la femme. Il l’aima en poète, en témoin. Il la désirait tendre, aimante, spirituelle, il l’attendit, la chercha longtemps, elle ne vint pas.
Aux autres il donna tellement qu’elles le déchirèrent.
Alors envahi sans cesse par l’idée d’un échec total de son existence, malmené par son art, tiraillé par une intelligence vive et critique il pensa au suicide, y pensa longtemps. Mais il ne partit pas, Colette en aurait eu trop de peine. 
Louis disait avec humour que la terre d’Aspremont, terre maternelle avec il avait commencé à sculpter, était une terre à chef-d’œuvre. Ne l’était-elle pas plutôt parce qu’il l’avait si fidèlement, si longtemps travaillée, si profondément caressée qu’elle lui avait donné toute son âme ?

Nicole Dubreuil
 

PICHON

« Le crâneur »
Terre cuite - H. 32 cm
Œuvre de louis Pichon
Nice
 
Pénétrer dans le monde Pichon, c’est faire un voyage ans l’émotion. Pas seulement la tendresse, mais aussi, le combat de l’Homme face à la vie, avec la force du courage, les marques des blessures.
La terre chamotée qu’il utilise donne une matière chaotique, des creux, des arêtes, comme si le personnage avait subi un bombardement de particules. Les vêtements sont campés, esquissés, présents, mais pas détaillés, c’est une annotation, un point de repère qui ne doit pas avoir plus d’importance, faute de déplacer le centre d’intérêt qui est le sujet lui-même.
Dans ce sens, la sculpture de Pichon est homogène comme l’unité d’une tragédie grecque. Sujet, expression, matière vont ans le même sens.
La sculpture de Pichon, c’est  vrai comme celui qui met son être à nu, avec en cadeau sa culture, ses méditations, son talent. Il y a du silence dans l’œuvre de Pichon, comme un temps suspendu. Celui pendant lequel on découvre le cheminement de sa pensée… c’est comme entrer dans une caverne mythique en Lorèze et mettre ses pas dans les pas de l’Homme.
Pichon va au bout, ne se laisse pas distraire par l’inutile, l’insignifiant, il a des interrogations à faire passer, celles qui l’ont poursuivi, celles que nous pourchassons.
Le thème de Pichon, c’est l’homme face aux événements qui l’amène à réfléchir, à faire le point, à chercher. Un homme qui avance contre vents et marées, mais bloqué. Au ralenti. Comme englué par quelque chose d’autre que le matériel : le destin.
Pichon ne le dit pas, il s’exprime par des jambes, des pieds tronqués, pas coupés dans un accident, pas amputés, invisibles. Pas écrits
Crâneur est un personnage représentatif de l’œuvre de Pichon. Acteur sans visage parce que chacun peut se mettre à sa place, c’est l’expression corporelle qui lui vaut son titre. Il ne crâne pas avec ses vêtements comme un dandy, c’est avec l’intérieur de lui-même et cet intérieur rejaillit sur son attitude.
Il se tient tellement droit que même la veste longue prend le creux de la colonne vertébrale.
Il est tellement solide que le vent dans ses cheveux ne semble souffler que pour lui.
Il regarde tellement loin qu’il n’a pas de regard.
Il est tellement grand qu’il ne sait pas qu’il lui manque une partie des jambes et complètement les pieds, à moins que…
Pichon n’est plus.
Ami, j’avais tant de questions à te poser. Sculpteur, j’aurais voulu enterrer mes mains à tes outils.
Il nous reste ses œuvres devant lesquelles nous sommes passés parfois trop vite. Muets, sourds, aveugles, fous ne n’avoir pas apprécié tant de qualité.
Pichon a exposé chaque année, en juillet, au festival des Arts à Beaulieu sur mer.
 
Gilles Kat
Février 1995
 
 
 
 
 
 

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